Le restau d’Alice et Rina

Alice et Rina ; Rina et Alice… Deux jeunes femmes qui n’ont pas froid aux yeux et surtout une passion : la cuisine gastronomique. Alors du haut de leurs 25 ans chacune, ces deux femmes en couple-elles sont mariées- ont allié leur talent pour être les chefs (elles préfèrent se qualifier de « cuisinières ») d’un nouveau restaurant, Rina et Alice.  L’ouverture de ce lieu pas Casher, s’est déroulée à l’automne dernier. Au pire moment. L’intifada des couteaux venait de débuter.  Plus de touristes à Jérusalem. Et les Habitants, terrorisés, qui ne sortent plus.  Mais pas question de renoncer.  Pour l’heure, elles tiennent le coup, même si tout reste fragile. Elles qui se sont rencontrées dans la cuisine d’un autre restaurant, qui se sont méfiées l l’une de l’autre, puis se sont reconnues autour d’un verre dans un bar proche. Et après, comme elles le disent mi- pudiques, mi- rieuses, « ça appartient à l’Histoire avec un grand H ! »

Leur carte leur ressemble. Des plats de leur enfance redécouverts ou retravaillés sans tomber dans le sophistiqué ou le banal.  A la croisée de leurs géographies ou de leurs histoires personnelles. Loin, en tous cas, du menu traditionnel des restaurants du même genre. « La cuisine, me disent-elles en chœur, c’est surtout de l’amour, beaucoup d’amour ! »

En attendant leur commande, Maayan (Hiérosolomytaine) et Aya (qui est née et a grandi à Jérusalem, mais désormais habite Tel-Aviv), sont sorties un verre de vin blanc à la main. Et dans l’autre, quelque chose qui fait des volutes bleutés…  Passons !  Maayan, une habituée: « je viens au moins deux fois par mois avec mon copain ou des amis », est enthousiaste : « le vin, la nourriture, le service, tout est de qualité. Différend d’ailleurs, où c’est souvent les mêmes salades, les mêmes pâtes, les mêmes entrées. Et puis ce que j’aime par-dessus tout, c’est qu’elles investissent dans le moindre détail, pour que le client soit content. Elle s’adapte aux besoins de chacun. C’est rare, ici. J’en raffole » Pour Aya, ce qui la frappe, c’est le dévouement de ceux qui servent. « C’est devenu rare à Tel-Aviv, nous confie-t-elle. Le service est souvent antipathique. Ici chez Rina et Alice, j’ai vu des sourires, une façon gentille de vous accueillir. Ça change ! »  Bref, nos deux jeunes femmes sont aux anges. Et d’ailleurs, sur un « Bye ! Bye ! » rigolard, les voilà qui tournent les talons. Leur plat les attend.

Mais foin des phrases, voici mon reportage in situ, en compagnie d’Alice et Rina, tel que je l’ai diffusé sur la RTBF :

IMG_1299

IMG_1297

IMG_1295

IMG_1300

FullSizeRender

IMG_1281
 

 

Un après-midi de tolérance à Jérusalem

Ce fut un jeudi soir étrange. Comme si Jérusalem, débarrassé de ses oripeaux de cité pieuse où la proximité d’avec le ciel rend ses habitants insensibles à ce qui n’est pas précepte religieux, faisait corps avec l’une des significations de son nom : la ville de la paix. Pendant au moins trois heures, des milliers de gens – 25.000 officiellement ; 30.000 pour certains médias- ont défilé sur des Kms. Foule joyeuse, bon enfant, venue participer à La Gay Pride de la « Ville sainte ». Des jeunes, des plus âgés, laïcs, religieux, homosexuels, hétéros, en couple, avec enfants ou pas…Un immense cortège où dominait, bien sûr, le drapeau arc en ciel. De toutes les tailles, de l’immense en forme de banderole au fanion tenu dans la main, parfois emmêlé à une rose rouge, que l’on déposait devant l’immense portrait de Shira Banki, cette jeune fille de 16 ans venue participer l’année dernière à la Gay Pride et qui n’avait pas survécu à ses blessures, après avoir été poignardée par un ultra-orthodoxe, Yishaï Shlissel. Un récidiviste. Dix ans plus tôt, lors de la parade de 2005, il avait attaqué des participants, là encore à coups de couteau. Il avait alors été condamné à 12 ans de prison et venait tout juste d’être libéré, lorsqu’il a porté les coups qui ont tué Shira. Cette fois, il a été condamné à la perpétuité. Pourtant, il ne désarme pas. 24h avant le défilé de ce 21 juillet, il a été interrogé par la police qui le soupçonnait de préparer, de sa cellule, une nouvelle attaque. Un de ses frères aurait été arrêté.
Contre les attaques homophobes…
• Ils étaient nombreux ceux qui défilaient pour la première fois. En mémoire de Shira; mais aussi pour protester contre les attaques homophobes de ces derniers jours : la gay Pride annulée à Beersheba, la métropole du Néguev, pour des motifs sécuritaires. Un argument qui n’a pas vraiment convaincu et en parallèle, ces déclarations d’un rabbin, directeur d’une école talmudique militaire ( Yeshivat Hesder) dans la colonie de Elie en Cisjordanie, Ygal Levinstein. Lors d’une conférence de presse, il avait non seulement expliqué que les homosexuels étaient des « pervers ayant abandonné la normalité de la vie », mais ajouté : « ce groupe rend le pays fou et a pénétré de toute sa puissance les forces armées … » Le lendemain, 250 rabbins sionistes religieux et ultra-orthodoxes lui apportaient leur soutien via une lettre ouverte. Émoi au sein du courant « Sioniste religieux ». Entre ceux qui soutiennent Levinstein et ceux qui le condamnent, la blessure est à vif. D’où le choix d’un certain nombre de personnes pratiquantes de participer au défilé, au nom « d’un judaïsme tolérant ». C’était écrit sur des pancartes et des autocollants apposés sur des sacs, voire des poussettes.
Colère contre le Maire
• Mobilisés aussi, et parfois très en colère, ceux qui en voulaient à leur maire. La veille, il avait affirmé haut et fort : « je ne serai pas de la Gay Pride pour ne pas heurter le judaïsme orthodoxe ». Entendez : les ultra- orthodoxes qui siègent dans mon conseil municipal et les religieux nationalistes-ceux de mon parti, le Likoud, et les autres qui apprécient mon agenda politique-. N’oublions pas que Nir Barkat a aujourd’hui des ambitions politiques nationales. Il se verrait bien ravir la direction du Likoud à Benjamin Netanyahou et pourquoi pas devenir Premier ministre. Alors pas question de mettre en danger ces aspirations en se faisant remarquer dans une Gay Pride.
Sécurité! Sécurité!
• En dehors d’une trentaine d’interpellations dont deux hommes qui portaient un couteau, la police n’a eu à gérer ce soir-là que les mécontents qui , parce qu’ils n’avaient pas reçu le fameux bracelet d’identification, violet ou orange, ne pouvaient pas défiler. Pourtant, jamais le dispositif sécuritaire n’avait été aussi imposant : Deux mille policiers mobilisés, des tireurs disposés sur les toits et les rues adjacentes bloquées par des autocars, des autobus, avec parfois deux rangées de vans appartenant aux forces de l’ordre en travers de la chaussée et disposées à quelques mètres de distance. Sans compter les barrières tout au long du parcours afin d’empêcher le passage et permettre aussi la fouille des participants. Bref pas question d’avoir un nouveau drame. Celui d’une foule attaquée à coup de couteaux ou de voiture bélier, que ce soit par un religieux fanatisé ou un Palestinien radicalisé…
• Et maintenant foin des mots ! Place aux photos, avec ce florilège en forme de choses vues.
IMG_0907
IMG_2720IMG_0966IMG_0936IMG_0916IMG_0908IMG_0907IMG_2720IMG_2719IMG_2708IMG_0983IMG_0978IMG_0916IMG_0908IMG_0916

Clochemerle ou le fait du Prince?

CLOCHEMERLE OU LE FAIT DU PRINCE ?

ISRAEL OBIT BENZION NETANYAHU

Photo: The Telegraph

Il y a un an mourait à 102 ans, le professeur Ben-Zion Netanyahou, le papa du Premier ministre israélien. Il y a 19 ans, c’était le professeur Yeshayahou Leibovitch qui disparaissait à l’âge de 91 ans. Le premier était historien, spécialiste de l’histoire des Juifs d’Espagne. Politiquement, il se plaçait résolument du coté du Sionisme révisionniste, celui de Zeev Jabotinsky dont il fut, un temps, le secrétaire personnel. Ce qui, dans l’Israël contemporain, l’a amené à défendre, même s’il n’était pas religieux, les idées du « Grand Israël », de la mer jusqu’au Jourdain et au delà. Le second, chimiste, historien des sciences, philosophe et moraliste, juif très pieux, était à l’opposé. Grand critique de la politique israélienne, il n’a cessé de dénoncer l’occupation des territoires palestiniens et la guerre au Liban. Il s’en est pris également aux élites politiques qu’il accusait régulièrement de corruption. Peu soucieux du « politiquement correcte », il n’a pas hésité à recourir à la provocation, ce qui en fit une des personnalités les plus impopulaires du pays. En fait une seule chose rapproche ces deux hommes : le fait qu’ils ont été, chacun en leur temps, des rédacteurs en chef de l’Encyclopédie Hébraïque.
Reste qu’aujourd’hui, les voilà à nouveau sur le devant de la scène pour une histoire « toute bête » : ce que j’appellerais « l’immortalité urbaine ». Autrement dit, cette tradition universelle qui veut qu’on perpétue la mémoire d’une personnalité exceptionnelle en donnant son nom à une rue, un lycée, une université, une autoroute etc.
En principe, selon les règles en usage à la municipalité de Jérusalem, il faut attendre 3 ans après le décès pour que la commission ad hoc puisse lancer la procédure qui verra tel lieu de la cité prendre le nom de celui qu’on veut honorer. Pourtant, pour Ben-Zion Netanyahou, les choses sont allées beaucoup plus vite. Certains parlent même d’une accélération sans précédent de l’Histoire. Depuis quelques jours, soit un an après sa mort, voilà qu’un échangeur routier porte son nom. Et pas n’importe lequel. Il s’agit de celui qui relie désormais le quartier de colonisation de Pisgat Zeev à la route 443 qui est en territoire occupé sur plusieurs dizaines de kms, avant de retrouver l’autoroute n°1 en direction de Tel-Aviv.
Fait du prince ? Politique électoraliste ? Ou procédure totalement légale ? Les avis sont partagés. Pour ce conseiller municipal étiqueté Meretz, petit parti sioniste de gauche, « la procédure accélérée est liée à la tentative du maire, Nir Barkat, d’empêcher le Likoud (un parti dont il se revendique) de présenter aux prochaines municipales (prévues à l’automne 2013) un autre candidat ». En revanche, selon les responsables de la mairie de Jérusalem, tout s’est déroulé dans la plus stricte légalité. « D’autant plus –expliquent-ils- que pour les échangeurs, la procédure n’est pas la même que pour les rues… ! » Et comme je respecte votre patience, je vous passerais le côté kafkaïen du processus concerné : d’abord sous-commissions puis commission ad hoc, chacune en charge de recommandation, autorisation, approbation. Sans oublier, en fin de parcours, le vote du conseil municipal, sans lequel tout est nul et non avenu !
Dans tous les cas, pour papa Netanyahou, une chose est sure : les bureaucrates concernés ont appuyé sur le champignon pour passer à la vitesse grand « V ». Avec en plus un trajet sans la moindre anicroche. Résultat : l’inauguration de l’échangeur et son « baptême » ont eu lieu quelques heures avant que le Premier ministre ne s’envole pour la Chine. L’occasion pour son fils, Benjamin Netanyahou, de déclarer : « Nous agissons continuellement et avec méthode afin d’unifier Jérusalem et d’en faire une partie intégrante de notre pays. Importante pour nous, Sion l’était aussi pour mon père. Ce n’est pas par hasard qu’il se prénommait « Ben-Zion » (Fils de Sion en français). Cela dit tout ! … Il me manque beaucoup… C’est lui qui m’a enseigné que notre plus grande responsabilité était d’assurer la sécurité d’Israël et de consolider son avenir. C’est cet héritage, cette tradition qui doit nous unir à toute heure du jour et de la nuit. »

Leibowitz 2

Photo: Le Monde Juif.

Ironie du sort ? Hasard de calendrier ? Perfidie journalistique ? On apprenait, à peu près au même moment, que la municipalité de Jérusalem avait enfin accordé « l’immortalité urbaine » à Yeshayahou Leïbovitch. La fin d’un long combat- plus ou moins 16 années- entre partisans et adversaires du philosophe. Il y a ne serait-ce qu’un mois, Nir Barkat avait suspendu le vote au conseil municipal en raison de l’accumulation sur son bureau des lettres et mails de protestations de hiérosolymitains, célèbres ou anonymes. Reste aujourd’hui une inconnue : l’endroit choisi pour honorer la mémoire de ce professeur de renom. Quel sera-t-il ? Une rue ? Un boulevard ? Une large avenue ? Une allée peu fréquentée ? Une impasse ? Un cul-de-sac ? La décision n’a pas encore été prise. Et d’aucuns, probablement des mauvaises langues, affirment déjà que ce n’est pas pour demain. Qu’il faudra même attendre plusieurs années ! Pourtant, si on en croit ce qui se dit dans la mairie, il devrait s’agir d’un espace goudronné au sein du campus Guivat Ram de l’université hébraïque de Jérusalem. Autrement dit quelque chose de pas trop voyant. Comme si une rue à ce nom dans un quartier résidentiel allait révulser les riverains qui n’auraient plus qu’une idée : déménager au plus vite. Sans parler des employés du tri postal qui devront se faire à l’idée d’une distribution de courrier à cette adresse. Et quid de la main qui écrira sur l’enveloppe « Rue Yeshayahou Leïbovitch ». Pourra-t-elle trouver le repos ?

MAIN CACHERE SUR LA VILLE

 

 

restobar 006

Le « Restobar » n’est plus ! C’est arrivé comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Du jour au lendemain.  Sur la porte, aucune explication. Sinon une simple affiche blanche, avec en lettres noires : « Fermé ». Comme une annonce mortuaire. Et pour les habitués de ce café brasserie  situé en haut de la rue Gaza, à Jérusalem, presqu’en face de la résidence du Premier ministre, c’est bien de deuil qu’il s’agit. Fini le drink en fin de soirée, la salade de milieu de journée et surtout, car c’était un des rares à être ouvert le shabbat, le café croissant du samedi matin suivi ou non du brunch qui vous calait jusqu’au soir, lorsque la ville reprenait son rythme des jours ouvrables. Plus question non plus  pour le parlement des fumeurs de tenir séance ou pour les ministres, députés, universitaires du quartier ou non, étudiants avec ordi en bandoulière, de se côtoyer  sans respect excessif ni familiarité désobligeante. Car c’était cela le Restobar. Le lieu de toutes les rencontres où même les plus rigides finissaient par se dégeler, tant l’air y était convivial. Durant les longs mois de leur Sit-in, non loin de la demeure du Premier ministre, les parents de Guilad Shalit y avaient porte ouverte. Une seconde maison jusqu’à la libération de leur fils.

Pourtant, il y avait un bémol. Du moins aux yeux des tenants du judaïsme orthodoxe : l’endroit, on l’aura compris, n’était pas cachère. Et c’est ce qui  finalement l’a perdu. Comme le dit Shahar Levy (aucun lien de parenté avec Laurent Levy, le nouveau propriétaire des murs) qui, avec sa femme Abigaïl, le dirigeait sept jours sur sept : « Nous avons survécu à des périodes très difficiles, comme celle des attentats en plein cœur de la ville, mais l’ennemi est venu de l’intérieur. C’est la coercition religieuse qui nous a brisé » Et d’ajouter : «  que je sache aucun  propriétaire laïque n’obligera un juif pratiquant à ouvrir. Mais dans le sens contraire, c’est visiblement  tout à fait naturel ! ».

Explications : le bâtiment où se trouvait le «  Restobar » appartient depuis quelques années à Laurent Levy, un   homme d’affaire originaire de France. Avant d’émigrer en Israël, il y a huit ans, cet opticien de formation, a fait une fortune considérable en développant « Optical Center », une entreprise d’optique et d’appareil auditifs qui compte aujourd’hui sur le territoire français  plus de 350 magasins (96 succursales et 254 franchises) et plus de 2000 collaborateurs. Bref une réussite à tout point de vue y compris sur le plan financier. 376 millions d’Euros de chiffre d’affaire en 2012, avec une progression de 14% par rapport à l’année précédente.  Cette même année, pour fêter les 20 ans d’existence de son entreprise, Laurent Levy a publié un livre « Les 7 clés pour réussir » où il en dit plus sur le pourquoi et le comment de sa devise qui est aussi celle de son enseigne : « Révélons notre acuité humaine ». En Israël, au-delà de ses activités philanthropiques – Il a crée une fondation qui distribue paires de lunettes et appareils auditifs à deux secteurs des populations défavorisées- les  enfants jusqu’à 20 ans et les personnes âgées, à partir de 60 ans- il est aussi promoteur immobilier. Très religieux, il s’est mis en tête de faire respecter, au maximum, la cacherout (les lois alimentaires juives) et le shabbat à Jérusalem ouest. C’est ainsi qu’il rachète des immeubles où se trouvent des cafés, restaurants ou bars devenus au fil des ans  les lieux de rendez-vous le vendredi soir et jours de fêtes, de la jeunesse laïque. Du moins celle que compte encore la ville sainte. Lorsque le bail du restaurateur ou cafetier vient à expiration, il pose, pour le renouveler,  ses conditions : que l’endroit devienne cachère et  ferme donc  ses portes le shabbat.  Certains propriétaires de bars ont accepté. Shahar Levy, lui,  a refusé.  Parce qu’il estimait que cela porterait un  coup fatal à son commerce. Mais aussi et peut-être surtout pour préserver  ce qui reste de pluralisme à la Jérusalem juive.

Interviewé par la presse locale, et au-delà de la tristesse de voir 15 ans de sa vie passés à la trappe du divin, il raconte comment jusqu’au bout, il aura tenté de convaincre son propriétaire de le laisser continuer, selon la formule qu’il avait choisi : « Nous lui avons demandé de regarder nos filles dans les yeux, de penser aux 50 familles qui se retrouvent sur le carreau. Mais cela ne l’intéressait pas. Il nous a simplement dit que nous serions béni du moment que nous fermerions le Shabbat. Vous savez, j’étais en face de lui, pratiquement les larmes aux yeux. Je l’ai supplié d’aller consulter son rabbin pour qu’il donne son avis, notamment à propos des familles des employés qui allaient se retrouver en difficulté. Il n’a rien voulu entendre ! ».

Face à la tempête dans les médias et sur les réseaux sociaux provoquée par la fermeture du « Restobar », Laurent Levy garde le silence. Il faut dire que selon le « Yediot Yerushalaïm », il donne très peu d’interview. Une exception pourtant : il y a trois ans,  dans le sillage de la polémique qu’il avait créée en annonçant son projet de construire un quartier ultra-orthodoxe en plein Jérusalem Est, arabe, il avait déclaré à ce même hebdomadaire: « Je fais des affaires et de l’idéologie. Les juifs doivent habiter à Jérusalem Est. Il se peut donc que j’achète dans cette partie de la ville un immeuble ou un terrain sans aucune valeur économique mais tout simplement par conviction. Pour que les juifs aient toute latitude de s’installer à l’Est. »

Reste qu’aujourd’hui pas mal de restaurateurs ou de propriétaires de bars ouverts le Shabbat et les jours de fêtes ne sont pas rassurés. Ils attendent le moment où le couperet va tomber. Plus ou moins tôt ! Plus ou moins tard !