Bibi, d’un gouvernement à l’autre

En Israël, cela fait sept ans que les gouvernements dirigés par Benjamin Netanyahou se succèdent à eux même. Il y a eu 2009, 2013 et enfin 2015. On pourrait penser que l’action des ministres est sous tendue par une seule et même donnée : la continuité. Que nenni ! Depuis quelques mois, l’actuel gouvernement, marqué par le grand retour des responsables des partis ultra-orthodoxes Ashkénaze et Sépharade, respectivement Agoudat Israël et Shass (par ordre alphabétique. Ne voyez dans l’ordre de leur apparition aucune préférence à caractère discriminatoire) détricote à peu près tout ce qui avait été mis en place par le précédent cabinet. Notamment les ministres centre- droit non- religieux des partis Yesh Atid et Kadima, (passés à l’opposition) mais aussi Netanyahou, soi-même !

Petite revue, non exhaustive, de ces lois ou décrets jetés dans les poubelles de l’Histoire par l’actuel gouvernement :

1/ Il y a deux ans, B. Netanyahou faisait passer une loi sur la Gouvernance selon laquelle le nombre de ministres ne devait pas dépasser celui de 18. Quant aux vice-ministres, ils ne seraient désormais pas plus de 4. Enfin le poste de ministre sans portefeuille disparaissait. Résultat des courses : aujourd’hui, le gouvernement compte 21 ministres, ; un 22ème est sur le point d’être nommé. Hausse également des vice-ministres : 9 en tout, soit plus du double du plafond fixé, il y a deux ans ! Une infraction à la loi ? Pensez-vous ! La décision prise par le précédent Cabinet a été annulée à la veille de la mise sur pied de l’actuel gouvernement.
2/ Education : A l’époque, ministre des Finances, Yaïr Lapid avait fait voter cette mesure : en contrepartie d’une augmentation des subventions de l’Etat, les écoles ultra-orthodoxes répondant à ce critère devaient enseigner des matières profanes. Mathématiques, anglais, géographie. Cela concernait 50.000 élèves sur les trois cents cinquante mille que comptent ces établissements recevant des budgets de l’Etat. Aujourd’hui, on n’en parle plus. Pour cause d’annulation pure et simple, en raison des promesses faites par Benjamin Netanyahou aux partis ultra-orthodoxes. A noter aussi que les sommes allouées aux Yeshivot (les Ecoles talmudiques), qui, entre 2013 et 2014, avaient été amputés de 461 millions de Shekels ( 109 millions d’Euros), retrouvent leur bien-être d’antan, soit 909 millions de shekels (215 millions d’Euros).
Écoles professionnelles: d’un ministère à l’autre
La question des écoles professionnelles : Dans les années 90, une partie des établissements d’enseignement professionnel avait été fermée. Ce qui s’était avéré être une erreur monumentale. Pour tenter de corriger la chose, le précédent gouvernement avait chargé le ministère de l’Education de préparer un plan d’ensemble. Ce fut chose faite. En ce moment, il est même en cours d’application. Ce qui permettra aux élèves de ces écoles d’obtenir en fin d’étude un diplôme professionnel reconnu par l’enseignement supérieur. De ce côté-là tout va bien.
En fait le « hic » est ailleurs. Il y a deux ans, 8 écoles professionnelles sous l’égide du ministère de l’économie étaient pris en charge par l’Education nationale. Un développement visant entre autres à améliorer l’image de ces établissements considérés jusque-là comme le refuge de tous ceux qui, pour le dire de façon « soft », n’avaient pas trouvé leur place dans le système éducatif dit « normal ». Tout le monde était content, y compris le directeur de la Présidence du Conseil, un ardent supporter de la mesure. Mais voilà qu’au dernier moment, alors que le transfert de compétence ministérielle était quasiment achevé, tout s’est écroulé. La raison : l’exigence du ministre des affaires sociales, Haïm Katz, de voir ces écoles revenir dans son escarcelle. Ce dernier a eu gain de cause. Pas très étonnant quand on sait que Haïm Katz est une figure dominante du comité central du Likoud. Il est aussi connu pour sa capacité à faire pression sur Benjamin Netanyahou. Résultat : les élèves en cursus professionnel, vont désormais devoir se coltiner avec une autre image négative : celle d’assistés sociaux. Quand on pense qu’on voulait leur redonner de la fierté !
Promesses! Promesses!
Education encore et toujours : Lors de sa première cadence comme chef du gouvernement (1996 à 1999), Benjamin Netanyahou avait annoncé la mise en place de la longue journée d’études dans une partie des établissements scolaires. Il avait alors parlé d’un « évènement historique », car « s’occuper des classes défavorisées, cela commence par l’Education ! » Entérinée en 1997 par la Knesset, le parlement, la loi est restée quasiment lettre morte. Fixée à 2001, son application a été constamment reportée par les gouvernements successifs. La dernière date annoncée : 2017. A l’heure qu’il est, tout est fait pour qu’elle ne soit appliquée qu’en 2022. Ce qui fait dire à un commentateur -humoriste : A ce rythme-là, il n’est même pas sûr que la longue journée d’étude soit instaurée pour les enfants des enfants qui devaient en bénéficier. Quid des petits-enfants ? L’espoir est-il permis ?
C’est comme cette autre initiative, concernant les vacances d’été : Son ministre de l’Education, lorsqu’il est redevenu Premier ministre en 2009, s’appelait Guidon Saar. Il voulait raccourcir les vacances d’été et avait pris une première mesure en ce sens. Celle-ci fut annulée par son successeur, lors du gouvernement suivant, Shaï Piron. Lequel avait décidé, au contraire, de subventionner les centres aérés destinés aux enfants de maternelles et du primaire. Dernier rebondissement : l’annulation, par l’actuel ministre de l’éducation, Naftali Bennet, d’une partie des subventions. Désormais, elles ne sont accordées qu’aux enfants des deux premières classes du primaire. Dans les villes de développements, cela devait aussi concerner les enfants jusqu’au cours Moyen 1. Mais là encore, la mesure n’a pas tenue. Elle a été supprimée un an seulement après avoir été annoncée. Pourtant, en parallèle, l’Etat subventionne les colonies de vacance de jour des écoles ultra-orthodoxes. Autrement dit, pour les parents des quelques 900.000 élèves de maternelle, du primaire et du secondaire, les vacances d’été continuent d’être longues et chères.
3/ Le budget de la Défense : En mai 2014, Benjamin Netanyahou créait une commission chargée d’examiner ce dossier. A sa tête, un général de réserve, Yohanan Locker, lequel avait été pendant trois ans le conseiller militaire de Bibi. En juin 2015, la commission publiait ses conclusions. Ce qui lui valait un tir nourri venu et du ministre de la défense de l’époque, Moshe Yaalon – inapplicables, disait-il- et du Chef d’Etat-major, Gadi Eizenkott. Pourtant, quelques mois plus tard, ce dernier présentait son propre plan, qui reprenait, du rapport Locker, quelques recommandations… Celles convenant à Tsahal. De fait, la majeure partie des conclusions du rapport Locker ont été mises au panier. Le plus étonnant : ni Locker, ni Netanyahou ne sont à aucun moment montés au créneau pour défendre, le premier ses mois de travail, le second sa décision de nommer la commission en question.

Caporal à la Défense
Défense encore< : certains, en Israël, se sont étonnés de la nomination à un portefeuille si sensible et important de celui à propos duquel, quelques temps auparavant, un communiqué officiel du Likoud affirmait qu’il ne pouvait même pas prétendre au poste de commentateur militaire : « les seules balles que Monsieur Lieberman ait jamais tirées sont des balles de tennis ! » Fin mai dernier, pourtant, Benjamin Netanyahou offrait à cet ancien caporal magasinier dans l’artillerie, la Défense du pays, tout en écartant, sans coup férir, le ministre en exercice, le général de réserve Moshe Yaalon.
Je vous épargne les lois, plans, initiatives concernant l’un des dossiers les plus épineux en Israël : l’immobilier dont les prix ne cessent de grimper et pas seulement à Tel-Aviv ou Jérusalem. Dans ce domaine on ne compte plus les initiatives du précédent gouvernement annulées par les responsables actuels, ou simplement jeté aux orties, pour se pencher sur un nouveau plan qui parfois ressemble à s’y méprendre au précédent mais sous une appellation différente.
Gouvernance ou survie?
Benjamin Netanyahou montre de la tendresse pour le mot gouvernance. A ce sujet, il aime à déclarer : « C’est la clef permettant de corriger, réparer, une grande partie des rouages de l’Etat… » Pourtant, un commentateur du supplément économique de Haaretz « The Marker » écrivait récemment : « sauf qu’on a de plus en plus l’impression que le mot « gouvernance » (dans la bouche de Netanyahou), c’est le blanchiment d’un autre terme celui de survie » Peut-être ! En attendant, ce qui est sûr, c’est que sous la houlette de Benjamin Netanyahou, les gouvernements se succèdent mais ne se ressemblent pas !

La culture, la messie et la grenouille

Certains la comparent à un Donald Trump en jupon. D’autres à une « Madame Sans Gêne » hautement politique. Moi, Miri Regev me fait penser à ces maitresses d’école, aux visages avenants, qui, en début d’année, font une bonne impression. Au point que leurs élèves rentrent à la maison, en déclarant à leurs parents : elle est chouette notre nouvelle maitresse ». Un enthousiasme qui, en général, dure peu. Dès le lendemain ou le surlendemain, la prof sympa s’avère être de celle qui partage une seule et même devise : « celui qui n’est pas avec moi est contre moi ! » En d’autres termes, la classe sera séparée en deux groupes : les chouchous et les toujours punis. La distinction est nette. Et gare à l’heureux élu qui viendrait à se rebeller, il a toutes les chances de se retrouver dans le camp des détestés, de ceux qui se prennent toutes les punitions : coup de règles sur les doigts, colles sans fin, notes exécrables, sans oublier la réprimande salée au vu et au su des camarades qui restent cois. Pour eux l’année sera sacrément longue !

La star de la périphérie !
Les dernières élections, celle de mars 2015, qui vit la victoire éclatante du Likoud dirigé par Benjamin Netanyahou, devait aussi consacrer Miri Regev, devenue au fil des années, la star des populations de la périphérie. Celles qui habitent loin de Tel-Aviv, au nord, comme au sud et pour qui les déclarations brutes de décoffrage ou les apparitions publiques, loin du politiquement correct (celui des vielles élites ashkénazes ?), sont un vrai bonheur. Du miel à la saveur ineffable ! De celui qui fait de Miri la passionaria du peuple. Sa porte-parole- plus loyale que Maayan Adam tu meures- ne dit-elle pas à son propos : « Tout ce qu’elle fait, du moment où elle ouvre les yeux le matin, jusque tard dans la nuit quand elle plonge dans un sommeil bien mérité, tout tourne autour de l’équité. C’est quelqu’un qui vient du peuple et agit pour lui. »

La très chère « Couronne de l’Orient »
Devenue ministre de la Culture et des Sports, un portefeuille qu’elle ne souhaitait pas, sa préférence allant à l’Habitat- elle a tout de suite annoncé la couleur. Celle d’une révolution culturelle, avec changement des élites et primauté de la musique méditerranéenne. Autrement dit, ce qu’on appelle, en Israël, les chanteurs « Mizrahiim » ; en français, les chanteurs orientaux. Elle a d’ailleurs tout fait pour que « GalGalatz », une station très populaire chez les jeunes, change, en ce sens, son hit-parade. Lors de la pâque juive de cette année, elle n’a pas hésité à sortir de son budget, la somme conséquente d’un million 600.000 shekels ( 376.112 Euros) afin d’organiser et produire un festival de chansons méditerranéennes à Tibériade. Intitulé « La couronne de l’Orient » et diffusé en direct par une chaine de télévision, il s’est clos par un énorme concert où se sont produits des artistes très, très, bien payés. Comme Eyal Golan qui a touché un cachet d’environ 100.000 Shekels (23.507 Euros) pour une apparition de 7 minutes et deux chansons. Sarit Hadad, avec elle aussi deux chansons, a touché un peu moins : 93.000 Shekels (21862). D’autres comme Ishaï Levi ou Moshik Aafya se sont contentés de sommes plus modestes. Respectivement 26.000 shekels 6112 Euros) et 20.800 shekels (4889 Euros). Mais pour une seule chanson chacun.

« La » messie de la musique méditerranéenne
Quand certains médias ont demandé des explications au ministère de la Culture, ils se sont vus répondre : « La couronne de l’Orient qui s’est déroulé à Tibériade est un évènement d’ampleur nationale dédié à la musique méditerranéenne et dont l’ambition est d’attirer le public le plus large. C’est ce qui a eu lieu. Le choix de la ville-hôte, s’est fait selon des critères définis, conformément à la loi… » Bref, passez votre chemin, il n’y a rien à voir ! Pas question, non plus de répondre aux témoignages selon lesquelles, Miri Regev aurait profité de « la Couronne de l’Orient » pour renforcer son assise politique, en invitant notamment nombre de militants du Likoud à s’asseoir avec elle, dans un espace édifié près de la scène pour les VIP. Pour les simples pékins, ceux du public pour qui la soirée était gratuite, c’était plus loin, le postérieur directement sur la pelouse. Interrogé à ce sujet, la Mairie de Tibériade a expliqué : « D’après nos informations, aucun militant du Likoud ne se trouvait dans cet espace réservé. La mairie de Tibériade n’a rien à voir avec cette question ». Militants du Likoud ou pas, Miri Regev était bien là. Oh, pas longtemps. Suffisamment en tous cas, pour se faire voir et, surtout, recueillir les applaudissements de tous, l’animateur de la soirée, les artistes invités, le maire de Tibériade, le public. Parmi les plus beaux compliments pour elle, celui lancé par la chanteuse, Margalit Tsenani « Miri Regev, Sarteein (bravo en arabe) pour la révolution » ! Un autre chanteur, Aviou Medina, a osé la comparaison : « Le messie est arrivé dans la musique israélienne méditerranéenne. Il s’appelle Miri Regev ! Nous attendions le messie et c’est « une » messie… ». Pas plus, pas moins et qu’importe le prix !

La meilleure des défenses ? L’attaque !
Pas de démenti, encore moins de reculade, pour la ministre de la culture et des sports : l’attaque est la meilleure des défenses. Comme, la semaine dernière, lorsque, en conseil des ministres hebdomadaire, il est question du report de l’ouverture de la nouvelle société publique de diffusion qui doit remplacer l’ORTI. N’y résistant pas, elle prend la parole pour lancer : « quel est l’intérêt de mettre en place cette corporation si nous ne la contrôlons pas ?… Quoi ? nous allons mettre de l’argent dedans et ensuite, ils diffuseront ce qu’ils veulent ? » Une de ses collègues, elle aussi du Likoud, lui rétorque : « Il s’agit d’un diffuseur public pas d’un porte-parole ! » Mais c’est dans les heures qui suivent, avec la reprise en boucle de ses propos dans les médias et sur les réseaux sociaux, qu’elle se prend une volée de bois vert. Qu’à cela ne tienne ! Elle demande au Conseiller juridique du gouvernement d’ouvrir une enquête sur la fuite concernant la réunion de cabinet de la veille : « Publiez toute la transcription », lui demande-t-elle. « Que le peuple juge mes commentaires et ceux de mes collègues dans leur intégralité. Sinon lancez une enquête sur qui a malicieusement divulgué l’information partielle dans le but de tromper le peuple…. Les commentaires qui ont été révélés ne reflètent pas mon point de vue à part entière ».

Le peuple contre l’élite?
Le peuple, toujours le peuple ! Du moins celui qui lui est acquis, qui « like » ses posts ou se précipite pour la toucher, faire une Selfie, l’embrasser quand elle est sur place pour un évènement local. Pas comme ces gauchistes, artistes ou non, qui la sifflent à l’ouverture du festival international du film à Jérusalem, lorsqu’elle s’écarte du sujet du jour, le cinéma, pour faire de la politique et évoquer notamment le meurtre dans son sommeil d’une jeune fille de 13 ans, par un palestinien infiltré dans une colonie de Cisjordanie. Là encore, elle contre-attaque le lendemain dans des interviews à la télé. « A gauche, ils ont franchi toutes les lignes rouges, honte sur eux ! …. Il s’agit d’une élite qui ne veut pas lâcher le pouvoir qu’elle avait dans le passé. Je leur ai ôté le tapis rouge sur lesquels ils étaient habitués à marcher pour contrôler la culture israélienne… La gauche n’a pas le monopole de la culture et des questions sociales. Nous avons été élus pour mettre en place l’égalité des chances et la réduction des fossés socio-culturels… » Car Miri Regev, c’est, sans conteste, la gauche qui est derrière les huées de la veille. Celle de l’ancienne élite, celle de ses artistes qu’elle qualifie « d’agents de l’étranger ». Actrices célèbres comme Gila Almagor ou Rivka Michaeli , écrivains à la réputation internationale comme David Grossman ou Amos Oz. Toutes choses reçues cinq sur cinq par une grande partie de l’opinion publique israélienne. Il n’est qu’à voir les réactions sur son mur Facebook. Et tant pis pour ses détracteurs. Cela ne lui fait ni chaud, ni froid !

La grenouille qui monte, qui monte…
Il y a un conte qu’elle aime tout particulièrement évoquer, notamment lorsqu’en visite dans des écoles, elle parle aux jeunes. Le personnage central en est une audacieuse grenouille. Alors que toute sa communauté vit au fond d’un puits aux parois glissantes et n’a donc aucune idée de ce qui se passe à l’extérieur, notre jeune effrontée ne cesse de tenter de grimper pour voir enfin le grand monde. « Pourquoi se tracasser ? Tu n’y arriveras pas ! Reste à ta place ! Colle à tes origines ! » lui répètent la communauté de batraciens. » Mais la petite est obstinée. Et viens le jour, où elle réussit à se hisser jusqu’à la margelle du puit d’où elle regarde ses anciennes compagnes. Ébaubies, celles-ci lui crient : « comment as-tu réussi ? » C’est alors qu’elle pose sa petite patte de grenouille sur son oreille et leur lance : « je ne vous entends pas ! » Notre rainette était sourde !
Pour Miri Regev, il n’y a qu’une seule morale à cette histoire, la sienne : « Je peux être attaquée. Je le suis. On descend en flamme mes motivations, mais je n’entends rien. Je suis occupée à grimper… » Jusqu’où ? Certains lui prédisent déjà le fauteuil de Premier ministre… A suivre donc !

Le restau d’Alice et Rina

Alice et Rina ; Rina et Alice… Deux jeunes femmes qui n’ont pas froid aux yeux et surtout une passion : la cuisine gastronomique. Alors du haut de leurs 25 ans chacune, ces deux femmes en couple-elles sont mariées- ont allié leur talent pour être les chefs (elles préfèrent se qualifier de « cuisinières ») d’un nouveau restaurant, Rina et Alice.  L’ouverture de ce lieu pas Casher, s’est déroulée à l’automne dernier. Au pire moment. L’intifada des couteaux venait de débuter.  Plus de touristes à Jérusalem. Et les Habitants, terrorisés, qui ne sortent plus.  Mais pas question de renoncer.  Pour l’heure, elles tiennent le coup, même si tout reste fragile. Elles qui se sont rencontrées dans la cuisine d’un autre restaurant, qui se sont méfiées l l’une de l’autre, puis se sont reconnues autour d’un verre dans un bar proche. Et après, comme elles le disent mi- pudiques, mi- rieuses, « ça appartient à l’Histoire avec un grand H ! »

Leur carte leur ressemble. Des plats de leur enfance redécouverts ou retravaillés sans tomber dans le sophistiqué ou le banal.  A la croisée de leurs géographies ou de leurs histoires personnelles. Loin, en tous cas, du menu traditionnel des restaurants du même genre. « La cuisine, me disent-elles en chœur, c’est surtout de l’amour, beaucoup d’amour ! »

En attendant leur commande, Maayan (Hiérosolomytaine) et Aya (qui est née et a grandi à Jérusalem, mais désormais habite Tel-Aviv), sont sorties un verre de vin blanc à la main. Et dans l’autre, quelque chose qui fait des volutes bleutés…  Passons !  Maayan, une habituée: « je viens au moins deux fois par mois avec mon copain ou des amis », est enthousiaste : « le vin, la nourriture, le service, tout est de qualité. Différend d’ailleurs, où c’est souvent les mêmes salades, les mêmes pâtes, les mêmes entrées. Et puis ce que j’aime par-dessus tout, c’est qu’elles investissent dans le moindre détail, pour que le client soit content. Elle s’adapte aux besoins de chacun. C’est rare, ici. J’en raffole » Pour Aya, ce qui la frappe, c’est le dévouement de ceux qui servent. « C’est devenu rare à Tel-Aviv, nous confie-t-elle. Le service est souvent antipathique. Ici chez Rina et Alice, j’ai vu des sourires, une façon gentille de vous accueillir. Ça change ! »  Bref, nos deux jeunes femmes sont aux anges. Et d’ailleurs, sur un « Bye ! Bye ! » rigolard, les voilà qui tournent les talons. Leur plat les attend.

Mais foin des phrases, voici mon reportage in situ, en compagnie d’Alice et Rina, tel que je l’ai diffusé sur la RTBF :

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