L’armée israélienne n’aime pas Harlem Shake…

Harlem Shake, l’ennemi de l’armée israélienne ? Ça en a tout l’air. Dernièrement des soldats d’une unité de l’artillerie ont réalisé une vidéo dans le style « Harlem Shake ». Colère des responsables militaires : un soldat, celui qui a filmé, et l’officier qui a autorisé la mise en ligne sur You Tube de la vidéo, ont été jugés par un tribunal militaire. Le soldat a été condamné à 14 jours de cachot. L’officier a été limogé et s’est vu infliger 21 jours de prison. Une sévérité justifiée par l’état major qui considère ce genre de vidéos « comme contraire aux principes de Tsahal… » Autre punition : l’armée a fait retirer de You Tube le petit « Harlem Shake » des artilleurs israéliens. La voici sur le site de la chaine Arutz 2 :
http://www.mako.co.il/pzm-magazine/Article-4e4413a5f7a0d31004.htm&sCh=3d385dd2dd5d4110&pId=565984153
Mais que les amateurs se consolent : une vidéo du même genre avec des soldats israéliens est encore visible sur You Tube. Ceci étant, pour la voir, il vaut mieux se dépêcher… Avant que là encore, Tsahal ne la fasse retirer.
http://www.youtube.com/watch?v=GeyoisrM28U

Pistache BIBI

Décidément, pour l’ouverture de « Bibi » Netanyahu, Saison 3, on ne sait plus où donner de la tête. Un détenu X à l’isolement, et qui se suicide dans sa cellule pourtant hautement sécurisée avec caméra dans tous les coins. Un gouvernement introuvable. Une promesse d’austérité pour les israéliens, avec hausse des prix et des impôts. Une robe improbable pour la « Reine Sarah » lors de l’inauguration de la nouvelle Knesset, avec dentelles transparentes dévoilant des formes généreuses. Et, last but not least, l’épisode inédit : celui de la boutique de glaces de la rue Metoudela à Jérusalem.
Les prémices ont eu lieu un jeudi soir, avec les révélations par un journal en ligne de la facture de 10.000 shekels (2000 euros) pour l’achat à l’année de crèmes glacées par la résidence du Premier Ministre située un peu plus haut. Et comme il n’y a pas de petites économies, la première famille du pays demande à la commission ad hoc de faire passer la somme sur le budget de fonctionnement de la Résidence. A partir de là tout s’emballe. On peut même parler d’un rythme d’enfer : les gros yeux des médias pour cause d’austérité annoncée ; le chef du gouvernement qui annule sa demande de remboursement de la commande passée chez le glacier avec en accompagnement une déclaration du style : pour des glaces, c’est cher payé ! Et, cerise sur le gâteau, il y a la « furia » des Israéliens qui vont faire des deux propriétaires de « Metoudela », c’est le nom de leur boutique, les héros du jour. Metoudela, qui n’est pas précisément le palais des glaces, sera prise d’assaut dès le vendredi matin, avec une interruption sabbatique d’une douzaine d’heures. Mais le samedi soir, cela recommence. Jeunes et moins jeunes veulent tous goûter la glace préférée de « Bibi » : à la Pistache ! Pour la vanille, le parfum de Sarah, les amateurs se font plus rares.
Et le syndrome n’atteint pas que les hiérosolymitains. On vient du centre du pays, parfois du sud. C’est du moins ce que nous disent les « grands reporters » envoyés sur place pour recueillir les impressions de la foule. Particulièrement remarqué, Benny Ashkenazi qui n’a pas voté pour Benjamin Netanyahou mais qui trouve que pour « les glaces, il a bon goût » ! Ziva Shvili est venue de Rehovot, à plus d’une soixantaine de kms de là, pour se ravitailler chez le glacier de « Bibi ». Elle qui pensait arriver dans l’espace impérial du dessert glacé trouve une modeste échoppe. Elle est un peu déçue. Mais qu’importe, elle va en acheter pour 168 shekels. En récompense, l’un des patrons lui offre un cornet gratuit de glace… à la pistache : « très bon ! » Nous dit-elle sommes sous le charme. Et pas seulement en raison du geste commercial rare sous ses contrées. Quant aux deux propriétaires de « Metoudela », dont nous apprendrons le surlendemain, via un supplément économique, qu’ils ont été condamnés par la justice pour avoir roulé le fisc, le roi n’est pas leur cousin. Certes « Bibi » a annulé sa commande. Mais, c’est comme s’ils avaient gagné le gros lot. Ils passent à la télé et ils ont fait des ventes record. Bref ! Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Peu importe que Benjamin Netanyahou soit un Premier ministre particulièrement dépensier. En 2011, la note globale de fonctionnement de son « sweet home » mis à disposition par l’Etat a atteint 2.46 millions de Shekels (500.000 euros), auxquels s’ajoute le coût, également réglé par le contribuable, de sa villa de Césarée : 184.000 shekels. Sans parler de la sécurité de sa maison privée de Jérusalem : 1.1million de shekels. Enfin, nous sommes heureux d’annoncer que sa maquilleuse est payée à l’année 35.000 shekels (plus ou moins 7110 euros). Des frais que là encore le Premier ministre voudrait voir pris en charge par l’état.
Reste que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Depuis la révélation du côté « accroc aux crèmes glacées », de Bibi, les caricaturistes politiques n’ont de crayon que pour le nouveau sceptre de King Bibi, 3ème version : le cornet Pistache-Vanille. Question de dernière minute : Est-ce du goût de Tzipi Livni ? Il paraîtrait ! A moins qu’elle ne fasse semblant, le temps de se retrouver chaque dimanche à la réunion du gouvernement. En tous cas, la dirigeante de « Tnoua », 6 députés, vient d’être la première à signer un accord de gouvernement avec Benjamin Netanyahou. A la clef : le ministère de la justice pour elle et celui de l’environnement pour Amir Peretz, transfuge du parti travailliste le n°3 de la liste de « Tnoua ». Au-delà des commentaires acides du style « Finalement Tzipi Livni est comme les autres politiciens. En cas de score modeste, mieux vaut mettre dans sa poche slogans et discours électoraux prônant honnêteté et convictions en politique, pour ne pas se retrouver dans le désert de l’opposition. Ses supporters apprécieront. A moins qu’ils ne se persuadent que son entrée au cabinet Netanyahou n’a qu’un objectif : parvenir à un accord avec les Palestiniens. Pour beaucoup de commentateurs, Madame Livni a juste oublié un détail. Même si son nouveau « patron » la laisse jouer dans la cour des négociations, c’est lui qui aura le dernier mot. En attendant, il pourra l’utiliser- il l’a déjà fait dans le passé avec d’autres- comme feuille de vigne d’une vision où l’Etat palestinien au côté d’Israël n’est qu’une lointaine éventualité.